Hackuity lève 16 millions d’euros : ce que révèle ce tour de table pour la cybersécurité française
La start-up lyonnaise Hackuity annonce une levée de fonds de 19 millions de dollars, soit environ 16 millions d’euros, pour accélérer le déploiement international de sa plateforme de gestion des vulnérabilités informatiques. Au-delà du montant, ce tour de table dit beaucoup de la façon dont se financent aujourd’hui les scale-ups françaises de la cybersécurité.
Un tour de table mené par un investisseur américain
Fondée en 2020, Hackuity édite un outil qui agrège les données de plus de 130 solutions de sécurité pour permettre aux entreprises de centraliser, prioriser et suivre la remédiation des failles détectées sur leur système d’information. Ce nouveau tour, un Series B mené par le fonds américain Forgepoint Capital International, porte à 38 millions de dollars le total levé par la société depuis sa création. Les investisseurs historiques Bright Pixel, Bpifrance et Seventure Partners ont suivi l’opération.
Ce choix d’un chef de file étranger n’est pas isolé : comme la lyonnaise Neverhack, qui avait levé 11 millions d’euros pour renforcer son offre d’IA et de cybersécurité souveraines, Hackuity doit composer avec un marché du capital-risque français où les tickets de croissance restent rares sur le segment de la cybersécurité.
L’intelligence artificielle agentique au cœur de la feuille de route
Les fonds levés doivent financer le développement de nouvelles fonctionnalités d’IA agentique appliquées à la remédiation des vulnérabilités : un conseiller de remédiation automatisé et un outil de validation des failles, capables de réduire le temps entre la détection d’une vulnérabilité et sa correction effective. Cette bascule vers des agents IA capables d’agir, et non plus seulement d’alerter, rejoint une tendance déjà observée chez d’autres entreprises françaises, comme Delos, qui a levé 10 millions d’euros pour généraliser ses « employés IA » en entreprise.
Pour Hackuity, l’enjeu est aussi réglementaire : les entreprises européennes doivent désormais réagir plus vite face aux failles activement exploitées, dans un contexte marqué par le Cyber Resilience Act et sa nouvelle obligation de signalement des failles, qui pousse mécaniquement la demande pour des outils de gestion des vulnérabilités.
Ce que révèle cette levée pour le financement des scale-ups françaises
Avec ce tour de table, Hackuity affiche un objectif clair : faire passer la part de son chiffre d’affaires réalisée à l’international de 15 % à 35 %, avec l’Europe, l’Asie et le Moyen-Orient comme marchés cibles. Pour y parvenir, l’entreprise a préféré s’appuyer sur un fonds américain plutôt que d’attendre la constitution d’un tour 100 % européen.
Cette stratégie fait écho, à une tout autre échelle, à celle de Mistral AI, qui a bouclé la plus grosse levée de fonds de la tech européenne en s’ouvrant largement à des investisseurs internationaux. Dans les deux cas, le constat est similaire : pour financer une accélération rapide à l’export, les scale-ups françaises de la tech et de la cybersécurité doivent de plus en plus regarder au-delà des frontières nationales, faute de trouver localement des tickets de série B ou C suffisamment importants.
Pour les dirigeants d’entreprises françaises qui envisagent une levée de croissance, l’exemple Hackuity illustre une réalité concrète : un chef de file étranger n’exclut pas la fidélité des investisseurs historiques, et peut au contraire accélérer l’accès à de nouveaux marchés.
Questions fréquentes
Que fait exactement Hackuity ?
Hackuity édite une plateforme de gestion des vulnérabilités informatiques qui centralise les données de plus de 130 outils de sécurité, afin d’aider les entreprises à prioriser et suivre la correction des failles détectées sur leur système d’information.
Qui a participé à ce tour de table de 16 millions d’euros ?
Le tour est mené par le fonds américain Forgepoint Capital International, avec la participation des investisseurs historiques Bright Pixel, Bpifrance et Seventure Partners.
Pourquoi des scale-ups françaises font-elles appel à des fonds étrangers ?
Sur les tours de série B et au-delà, les tickets disponibles auprès des fonds européens restent limités. Faire entrer un investisseur étranger permet souvent de lever des montants plus importants et d’ouvrir plus vite l’accès à de nouveaux marchés à l’export.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale
